Droits de succession et actifs hérités
Pourquoi les bots achetés avant leur mort sont-ils exclus?
Lors de la reconstitution du patrimoine successoral, il arrive un moment où la technique bancaire rencontre le fond juridique. Il s'agit d'établir ce qui existe réellement dans le patrimoine du défunt au moment précis de son décès, et ce qui n'est qu'un reflet comptable, un enregistrement postérieur à la mort.
La réponse n° 131/2026 de l’Agence du revenu traite précisément de ce point. Il s’agit d’un achat de bons du Trésor effectué quelques heures avant le décès, mais comptabilisé par la banque seulement deux jours plus tard. Un détail en apparence mineur, mais susceptible de modifier l’assiette imposable des droits de succession.
L'histoire est concrète, presque cinématographique dans sa précision temporelle. La défunte passe la commande à 9h34 le 22 avril 2025. Elle décède à 22h00 le même jour. La banque enregistre l'opération avec une date de valeur du 24 avril 2025. Sur l'acte de succession, le solde est donc plus élevé. La BOT n'a pas encore été prélevée.
Les héritiers contestent que l'argent ait disparu. L'agence confirme qu'ils ont raison.
La substance avant la comptabilisation
La réponse repose essentiellement sur un principe que l'Agence réaffirme avec force: ce qui importe, c'est le moment où la transaction est finalisée, et non celui où la banque l'enregistre. L'écriture comptable n'est qu'une formalité technique, une étape administrative sans incidence sur la réalité juridique.
Le document stipule: «Il s'ensuit que, pour déterminer le solde du compte courant à la date d'ouverture de la succession, il convient de prendre en considération la réalisation de l'opération d'achat du titre, sans incidence sur l'écriture comptable ultérieure dans le compte courant».
Cette phrase change la perspective de la reconstitution successorale. Le patrimoine ne correspond pas à ce que la banque indique, mais à ce qui existait réellement au moment du décès.
Le BOT n'entre pas dans les actifs héréditaires
Le raisonnement de l'Agence repose sur un fait réglementaire clair: les BOT, comme tous les titres de dette publique, sont exonérés de droits de succession. L'article 12 de la TUSD les exclut sans ambiguïté des actifs imposables.
Cela signifie que si le titre a été acheté avant le décès, il ne peut être considéré comme une liquidité encore présente sur le compte. La banque a pu le débiter ultérieurement, mais la transaction était déjà finalisée. Les fonds n'étaient plus disponibles. Le BOT avait déjà été «créé», même s'il n'avait pas encore été comptabilisé.
La banque certifie-t-elle un solde plus élevé? Les héritiers peuvent-ils le corriger?
La réponse n° 131/2026 accorde aux héritiers un pouvoir important: celui de corriger le solde certifié par la banque lorsqu'il ne représente pas la situation réelle au moment de l'ouverture de la succession.
L’Agence précise: «Les demandeurs pourront donc déduire le montant de l’achat de l’obligation du Trésor ordinaire du solde du compte courant communiqué par la banque [...] puisque cette opération semble avoir été effectuée avant le décès».
Cette étape protège les héritiers d'un malentendu fréquent. La banque certifie ce qu'elle «voit» dans ses systèmes, et non ce qui existait réellement dans la succession du défunt. La déclaration successorale doit toutefois refléter la réalité matérielle, et non le calendrier bancaire.
Le moment de l'opération et le moment de la vie
La réponse de l'Agence clarifie une zone grise: celle où la transaction financière est finalisée mais pas encore réglée. La jurisprudence civile, citée dans le document, l'affirme depuis des années: les documents comptables n'ont qu'une valeur déclarative . Le solde « réel » est celui qui résulte des transactions déjà conclues, indépendamment de la date de leur enregistrement.
Dans le cas des titres dématérialisés, le principe est encore plus clair: la propriété naît lors de l’exécution de l’ordre, et non lors du paiement de la contrepartie.
Dans ce contexte, le décès marque une rupture nette. Tout ce qui a été accompli antérieurement entre (ou sort) de la succession; ce qui est simplement enregistré ultérieurement ne modifie en rien le régime successoral.
Une conclusion qui évite des impôts excessifs
La réponse n° 131/2026 a un effet très concret: elle empêche l’imposition d’une liquidité qui, au moment du décès, n’existait plus. Le contrat de prêt avait déjà été acquis. Les fonds avaient déjà été affectés à un actif exonéré. La banque s’est contentée de l’enregistrer a posteriori.
La déclaration de succession doit donc être établie sur le solde réel, et non sur le solde comptable. Les héritiers peuvent ainsi déduire le montant de l'abattement pour succession sans crainte de contestation.
La succession reflète la réalité, et non la comptabilité. Le patrimoine du défunt correspond à ce qui existait réellement au moment de son décès, et non à ce que la banque a enregistré ultérieurement.
Une fois l'obligation d'État acquise, les fonds ne sont plus considérés comme des liquidités imposables. Ils deviennent un actif exonéré d'impôt. Pour approfondir le sujet, il est toujours utile de consulter les professionnels d'Agenzia delle Successioni, en commençant par une consultation.
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