Héritage d'un bien immobilier comportant des constructions non autorisées : que faire ?
Lorsque les abus allégués peuvent être corrigés
Hériter d'une maison devrait être une transition naturelle, presque physiologique. Pourtant, de plus en plus souvent, les héritiers se retrouvent confrontés à un doute inattendu: «Cette irrégularité constitue-t-elle une infraction au règlement de construction? Et si oui, quelles conséquences pour moi?» En réalité, dans le monde des bâtiments historiques italiens, ce qui paraît irrégulier ne résulte pas toujours d'une infraction. Bien souvent, cela découle d'un malentendu, comme une lecture moderne de documents obsolètes.
Le cas le plus emblématique concerne les anciens registres fonciers, ceux établis à partir des années 1930 avec la création du Nouveau Registre des Constructions Urbaines. Ces documents sont aujourd'hui analysés d'un œil technique, en oubliant qu'ils ont été rédigés à des fins fiscales, et non de construction, avec des outils bien loin de la précision actuelle. C'est là que le bât blesse. Une différence entre le plan d'époque et l'état actuel du bien est interprétée comme une preuve de maltraitance. Mais ce n'est pas le cas. Pas nécessairement.
Quand le plan ne reflète pas la réalité
Les registres fonciers des années 1930 et 1940 étaient souvent établis par le propriétaire lui-même, à l'aide de relevés sommaires sur papier millimétré, selon une approche plus «géométrique» qu'«architecturale». Résultat? Des pièces parfaitement carrées qui ne l'étaient jamais en réalité. Des murs redressés par commodité. Des fenêtres dessinées «à vue d'œil». Des épaisseurs de murs simplifiées. Des formes intérieures standardisées. Quiconque hérite d'un bien aujourd'hui et compare cette représentation avec l'état actuel des lieux risque de voir une maltraitance là où il ne s'agit que d'une erreur graphique historique. Et cela est particulièrement vrai dans les centres historiques, où la construction n'a jamais été un exercice de géométrie euclidienne, avec ses murs inclinés, ses murs non d'équerre et ses irrégularités anatomiques. Autant de caractéristiques qu'un plan cadastral n'était pas tenu de refléter fidèlement.
Le cadastre ne certifie pas la conformité des bâtiments
Une autre méprise fréquente concerne le rôle du cadastre. Le cadastre n'a pas été créé pour vérifier la conformité des bâtiments, mais pour attribuer un revenu. Il ne s'agit pas d'un permis de construire, d'une autorisation, ni d'une preuve de conformité. Et ce n'est même pas une preuve d'abus.
Cependant, cela peut constituer un indice, un élément utile pour reconstituer le statut légitime de la propriété, notamment lorsque le bâtiment a été construit pendant une période où aucun permis n'était requis, ou lorsque le permis de construire original a été perdu dans les archives municipales.
Dans ces cas, le plan cadastral peut avoir une valeur complémentaire. Mais il reste une pièce du puzzle, et non l'image définitive.
Lois pouvant sauver une construction illégale
Les réglementations à prendre en considération sont le décret-loi royal 652/39 et la loi relative aux ponts n° 765/1967. En cas d'infraction au règlement de construction, qu'il s'agisse d'un mur manquant ou d'un appartement entier construit sans autorisation apparente, il est important de déterminer la date de l'infraction. Si l'infraction est mineure, il est préférable de procéder à une régularisation ou de remettre le bâtiment dans son état d'origine. Si l'infraction est plus grave (comme une construction sur un terrain non bâti), il est nécessaire de vérifier l'année de construction et la réglementation en vigueur. Par conséquent, il n'est pas toujours nécessaire de renoncer à un héritage, de reconnaître la présence d'une construction illégale, ni même de procéder à la démolition du bien.
Que doit faire une personne qui hérite d'un bien immobilier présentant une infraction présumée?
La réponse n'est pas de se précipiter sur une régularisation. La réponse est: reconstituer l'historique du bien. Cela peut se faire avec l'aide de professionnels, comme ceux de l'Agenzia delle Successioni. Ce travail commence par l'étude des documents, et non par des suppositions. Nous analysons les permis de construire, les documents d'urbanisme, les archives municipales, tous les documents cadastraux ultérieurs, les actes notariés et l'historique de construction du bâtiment. Tout est comparé à l'état actuel du site. C'est la seule façon de déterminer si l'écart constaté est :
- une erreur graphique initiale,
- une modification ultérieure du bâtiment,
- une intervention légitime non encore mise à jour,
- une transformation illégale.
Et si l'écart est réel?
Même dans ce cas, l'héritier ne doit pas paniquer. La responsabilité de l'infraction est administrative et concerne le bien, non la personne. L'héritier n'«hérite pas de la faute», il hérite de la nécessité de régulariser la situation.
Si l'intervention est remédiable, une régularisation peut être effectuée. Sinon, vous pouvez également envisager une renonciation à la succession s'il s'agit du seul bien reçu en héritage. Mais cette démarche intervient après, et jamais avant, la reconstitution du statut légal.
C'est pourquoi il est important de commencer par une consultation avec les techniciens de l'Agenzia delle Successioni afin d'évaluer si un bien présente une anomalie présumée. Un plan est un document qui doit être interprété dans son contexte, avec prudence et méthode.
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